L’ANGOISSE

« Je ne sais pas ce qui m’arrive »
Ce sont à peu près les mots que va prononcer une personne angoissée en passant la porte du cabinet.

L’angoisse laisse la personne dans un état dissocié où la tête et le corps apparaissent tout à la fois agités et incontrôlables.
La personne se pose beaucoup de questions et rêverait de pouvoir déposer sa tête sur la table de chevet….et de pouvoir la laisser là, longtemps…longtemps….
Quelquefois, les ruminations mentales représentent l’unique manifestation de l’angoisse que rapporte le sujet.
Suivant le cas, peuvent s’ajouter à ces ruminations, diverses expressions corporelles, telles que:

Respiration difficile, gorge serrée, noeud à l’estomac, maux de tête ,  hausses ou/et  baisses de tension, des vertiges,  fourmillements,  tachichardie, sudation, paralysies…etc
L’angoisse peut entrainer des symptômes divers et variés suivant le cas.

« si on veut décrire objectivement toutes les expressions d’angoisses, on risque de rencontrer autant de formes d’angoisses que de sujets angoissés »*
« L’angoisse n’est pas un signe psychopathologique en soi. Elle témoigne des effets du travail psychique lorsque le sujet est confronté à certaines situations (…) Elle possède une fonction d’alerte qui prévient les eventuelles situations de danger (interne ou externe) auxquelles le moi peut être confronté. L’angoisse possède une fonction de signal »**
L’angoisse vient du latin Angustia qui signifie « resserrement ».

Certains patients me rapportent bien cet état de resserrement, de constriction, le fait de se sentir oppressé et comprimé. Comme si leur ESPACE psychique était devenu plus étroit, comme s’ils étaient devenu TOTALEMENT esclaves de leurs pensées.

Mais que veut dire « resserrement »?
Regarder du côté des antonymes nous en apprend toujours plus sur le sens d’un mot. Comme si le côté pile d’une pièce nous révélait le côté face. Pour le mot « resserrement », on trouve donc pour ce qui est des antonymes: « élargissement, épanouissement, décontraction, expansion…etc »
On en déduit donc que l’angoisse est l’opposé de ces choses là. L’angoisse apparait comme un rétrécissement. L’angoisse semble limiter, fermer.
L’angoisse n’est pas dans la perception mais dans l’analyse. Et pour aller encore plus loin, on pourrait dire qu’elle focalise.

Ceci est d’autant plus observable lorsqu’il s’agit d’une phobie. Car la phobie est une angoisse specifique.

C’est à dire que la personne qui présente une phobie FOCALISE sur l’objet qui l’angoisse.

Devant cet objet, elle ne peut pas penser à autre chose qu’à cet objet. Elle ne PERÇOIT plus tout ce qui l’entoure mais UNIQUEMENT cet objet. On est focalisé sur quelque chose lorsque l’on est concentré dessus, lorsque toutes les pensées convergent à cet endroit.

Là où ça devient intéressant, c’est que l’angoisse est à la peur ce que le rêve est à la réalité. Ce qui signifie que de la même manière que lorsque vous rêvez, vous ne savez pas toujours bien quel rapport votre rêve entretient avec VOTRE réalité; et bien, lorsqu’une personne s’angoisse, elle ne sait pas très bien comment son angoisse est liée à SA RÉALITÉ.

En fait, elle n’arrive pas toujours à situer ce qui l’angoisse, l’objet de son angoisse.

En effet, si dans bon nombre de cas, la personne angoissée est apte à situer « la raison » de son angoisse, quelquefois, elle n’en a aucune idée.

Et elle sait encore moins comment y mettre fin.

Une psychothérapie et tout particulièrement une psychothérapie brève est tout à fait orientée lorsqu’il s’agit de traiter les angoisses.

Une psychothérapie permet paradoxalement d’effectuer un glissement de l’analyse vers la perception et de sortir de cet état « focalisé ». 

* ROUSSILLON R. et coll; Mamuel de Psychologie et de psychopathologie générale, Paris, Masson, 2007.

** Id.

GERET Diana

NICE et ST LAURENT DU VAR

Psychologue clinicienne

n° ADELI: 069308898

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